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Une première dans l’UE: 4 phtalates classés perturbateurs endocriniens pour l’être humain

Une première dans l’UE: 4 phtalates classés perturbateurs endocriniens pour l’être humain

L’information n’a pas fait l’objet d’un traitement médiatique important, pourtant elle mérite d’être largement relayée: l’Union européenne vient de classer perturbateurs endocriniens (PE) pour l’être humain quatre phtalates (plastifiants) : le DEHP, le DIBP, le DBP et le BBP. C’est la première fois que des substances sont classées perturbateurs endocriniens pour l’être humain. Les autorités danoises, dont l’Agence de protection de l’environnement a œuvré depuis des années pour ce classement, se sont réjouies de la nouvelle. Une bonne nouvelle, alors qu’une réunion décisive pour l’adoption de critères de définition des perturbateurs endocriniens est prévue ce 28 février.

4 substances classées “Perturbateur endocrinien pour l’être humain” selon le règlement REACH

Cette classification peut apparaître anodine et similaire à d’autres classifications. Pourtant il n’en est rien. En effet, les 4 phtalates, sont officiellement reconnus par le règlement REACH comme des substances candidates au classement comme “extrêmement préoccupantes” en vertu de leur caractère perturbateur endocrinien chez l’être humain.

Une première qui ouvre la voie pour d’autres substances

Pourquoi est-ce une première?

  • Les 4 phtalates vont rejoindre les 168 substances actuellement classées “candidates à un classement comme extrêmement préoccupantes” selon REACH – dites SUBSTANCES CANDIDATES. Le consommateur a un droit d’information sur la présence de ces substances dans les produits de consommation. Le classement active donc ce droit.
  • En 2014, la proposition de classification de classement de ces mêmes 4 phtalates, défendue par le Danemark au niveau de l’ECHA (Agence européenne des produits chimiques) n’avait pas emporté l’accord des Etats membres. Le dossier a ensuite été soumis à nouveau par le Danemark.
  • Jusqu’ici des substances ont été classées “extrêmement préoccupantes” pour leurs effets toxiques pour la reproduction. Certains cherchent à faire le raccourci “reprotoxiques = perturbateurs endocriniens”. Or, il n’en est rien, car le système endocrinien couvre des troubles bien plus larges que la “seule” toxicité pour la reproduction.
  • Quelques substances candidates étaient classées pour leurs effets perturbateurs endocriniens sur l’animal, mais aucune pour des effets chez l’être humain. Une étape importante est franchie, car d’aucun tentent de distinguer la toxicité pour l’animal et pour l’être humain. Ici, ce classement concerne est donc sans équivoque: oui, il s’agit bien d’effets chez l’être humain.

Prochaine étape: une interdiction des substances par le règlement REACH

Logiquement, ces 4 phtalates devraient être placées sur une liste de substances soumises à autorisation – des substances interdites en principe – qui sont aujourd’hui moins de 50. Un aboutissement que des ONG membres de la EDC-Free Europe coalition appellent de leurs voeux. De récents tests de produits menés au Danemark ont en effet identifié des traces de ces 4 phtalates dans divers produits de consommation, dont des ballons de football.

sources :