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Perturbateurs endocriniens: une facture très salée pour les Etats-Unis

Les perturbateurs endocriniens (PE) peuvent être abordés sous des angles multiples, dont celui de la santé publique, de la réglementation, des pollutions environnementales…. mais on peut également raisonner en termes de coûts économiques. A ceux et celles qui défendent le credo “hors les coûts chiffrés, point de sérieux”, on peut donc opposer l’argument que les pertes économiques liées aux perturbateurs endocriniens peuvent se chiffrer en espèces sonnantes et trébuchantes. Une étude publiée le 17 octobre par le Lancet – Diabetes and Endocrinology a tenté de chiffrer les coûts des perturbateurs endocriniens pour l’économie américaine (Etats-Unis). Et l’addition est plutôt salée.

340 milliards de dollars par an : l’addition pour les Etats-Unis, plus salée que pour l’UE des 28

Données USA vs données UE : En 2015, des données sur les coûts des perturbateurs endocriniens pour l’économie des 28 pays de l’Union européenne ont été publiées: le coûts s’élevait à 217 milliards de dollars, soit un peu plus de 1% du PIB (produit intérieur brut) de l’UE. Les pathologies en question sont notamment: l’obésité, les handicaps intellectuels, l’endométriose (une pathologie de l’appareil reproducteur féminin), l’autisme et les troubles cardiaques.

Les principales différences: La différence principale réside dans les pertes liées aux points de QI (quotient intellectuel) et les handicaps intellectuels liés à des retardateurs de flammes bromés, les “PBDE” (diphényléthers polybromés).
Alors qu’aux Etats-Unis les pertes s’élèveraient à 266 milliards de dollars, pour 11 millions de points de QI et 43 000 cas de handicaps intellectuels. Ces chiffres sont bien moindres dans l’UE, avec une estimation autour de 12,6 milliards pour 873 000 points de QI et 3290 cas de handicaps intellectuels.

Des explications à chercher du côté de la réglementation américaine: Ceci peut notamment s’expliquer par une réglementation différente des deux côtés de l’Atlantique, les retardateurs de flammes bromés étant mieux réglementés en Europe. REACH, le règlement européen sur les produits chimiques, propose également des mesures plus fortes que son équivalent américain, le TSCA (Toxic Substances Control Act”). Le TSCA a été réformé en juin 2016, mais la réforme ne portera ses effets que dans plusieurs années. Actuellement, l’EPA (Agence de Protection de l’Environnement) a identifié pour son plan de travail 90 substances chimiques posant des problèmes pour la santé. L’EPA a annoncé un choix de 5 substances chimiques qui feront l’objet d’un traitement rapide: le Pr Leonardo Trasande, l’un des auteurs de l’étude, estime que l’EPA devrait disposer de fonds supplémentaires pour accélérer ce travail. D’autres organismes, comme le PSR (Physicians for Social Responsibility), qui regroupe des médecins sur tout le territoire américain, estiment que l’EPA devrait agir en priorité sur les substances chimiques qui menacent la santé publique et l’environnement et en fonction des informations disponibles sur les dangers de ces substances et les expositions.

Les conclusions: Aux Etats-Unis, les pertes économiques associées aux perturbateurs endocriniens s’élèveraient à plus de 2% du PIB. Les chercheurs estiment que ces données mettent en évidence le besoin de mieux rechercher les effets perturbateurs endocriniens des substances, et également de mener une action de prévention renforcée.

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