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Les coûts de l’inaction face aux signaux d’alerte précoces: l’Agence Européenne de l’Environnement fait le point

Les coûts de l’inaction face aux signaux d’alerte précoces: l’Agence Européenne de l’Environnement fait le point

On l’attendait depuis au moins 3 ans, c’est fait! L’Agence européenne de l’Environnement vient de publier le second volume de Late Lessons from early warnings (Leçons tardives tirées de signaux d’alerte précoces), un ouvrage qui passe en revue les coûts de la non-application du principe de précaution, à travers une série d’exemples plus emblématiques les uns que les autres, allant du bisphénol A aux champs électromagnétiques, en passant par le tabac, le DDT ou encore les nanotechnologies, pour n’en citer que quelques-uns. Et la publication démontre que les risques liés à des technologies émergentes, loin d’être appréhendés de manière adéquate, sont la plupart du temps ignorés ou dissimulés, avec pour conséquences des décès, des maladies et des destructions environnementales. L’ouvrage invite surtout à redéfinir les politiques de santé publique et industrielles pour éviter de nouveaux écueils.

2001-2013: quels changements?

  • Le rapport de 750 pages propose 20 études de cas et l’analyse des meilleurs spécialistes des questions de santé environnementale, de scientifiques et plus largement de spécialistes dans les divers champs traités: il permet d’avoir un aperçu complet et transversal des défis de santé environnementale à relever aujourd’hui.
  • Le 1er volume de la Série “Late Lessons” paru en 2001, faisait déjà le point sur les écueils qui ont conduit à des catastrophes telles que celles de l’amiante ou encore des PCB ,et proposait 12 leçons à tirer. 11 ans après, malgré la multiplication des conventions internationales, des réglementations telles que REACH, la Directive Cosmétiques, etc. beaucoup reste à accomplir.
  • Le rapport insiste en particulier sur l’accélération du développement des technologies au cours de ces 10 dernières années: la société ne peut pas répondre aux risques qui se propagent de plus en plus vite, et ne peut répondre à temps pour éviter les dommages. Pour les auteurs, sur la base de l’analyse de 88 études de cas supposés “faux négatifs”, seuls 4 en étaient réellement. La problématique du rapport entre connaissance et pouvoir, et invite à activer l’utilisation du principe de précaution de manière systématique.

Un message clair: changer d’attitude avant de donner du grain à moudre pour un 3ème volume

La députée européenne Corinne Lepage, fervente défenseuse du principe de précaution, qui a organisé un déjeuner de présentation au Parlement européen à l’occasion de la parution du rapport a clairement fait état de pressions sur les auteurs afin d’en reculer la parution: serait-il gênant pour certains intérêts?

“La parution de ce rapport donne des clés pour éviter de reproduire les mêmes schémas que ceux qui ont abouti à des catastrophes liées à des pollutions environnementales de toutes sortes: outre les risques chimiques, les champs électromagnétiques et les risques liés aux radiations sont également largement traités. Les auteurs envoient un message clair aux différents acteurs du système actuel, scientifiques, décideurs, évaluateurs des risques notamment et invitent à une nouvelle forme de gouvernance qui intégre les citoyens. En particulier, les pouvoirs publics sont incités à une meilleure réactivité face aux risques émergents. Nous espérons vivement que ce message sera entendu.”

estime pour sa part Elisabeth Ruffinengo, chargée de mission pour Wecf France.