Le 30 juillet 2026, WECF et ses partenaires CAMGEW (Cameroun), CFLEDD (RDC) et Enda Colombia (Colombie) se sont réunis en ligne pour officialiser le lancement de la phase II du projet REGAIN. Deux heures d’échanges, traduites simultanément en français, anglais et espagnol, pour poser les bases d’une nouvelle étape collective.
Un lancement qui a du sens
Obtenir cette deuxième phase n’allait pas de soi. Dans un contexte de réduction drastique de l’aide publique au développement française, REGAIN fait figure d’exception : c’est l’un des rares projets à placer la justice de genre et la justice climatique au cœur d’une même action, de manière véritablement croisée plutôt que juxtaposée.
La preuve par les faits : en RDC, la loi foncière reconnaît désormais explicitement les droits des femmes. Au Cameroun, les conditions de vie de communautés entières se sont concrètement améliorées. Autant de résultats qui nous pousse à poursuivre l’aventure aux côtés de nos partenaires sur le terrain.
Une ambition commune, trois terrains
« Avancer ensemble pour consolider les acquis de la phase I, changer d’échelle et faire entendre la voix des femmes dans les espaces de décision. »
C’est autour de cette phrase que les partenaires se sont retrouvées. Car si la phase I a démontré la pertinence et l’efficacité du modèle REGAIN, elle a aussi révélé un besoin important : celui d’échanges plus approfondis et réguliers entre partenaires elles-mêmes. Un constat partagé par toutes, qui infuse désormais la logique de cette nouvelle phase.
D’ici 2028, REGAIN II vise à améliorer la résilience et les conditions de vie de plus de 8 000 bénéficiaires, à travers trois axes complémentaires : renforcer les capacités des femmes et mettre en place des actions de terrain, consolider le réseau Solutions Genre et Climat comme espace d’apprentissage mutuel, et donner à ces actions une résonance dans les politiques climatiques, à l’échelle locale, nationale et internationale.
Trois pays, trois combats qui se répondent
En RDC, la CFLEDD (Coalition des femmes leaders pour l’environnement et le développement durable) a marqué l’histoire : grâce à son plaidoyer, trois articles de la nouvelle loi foncière consacrent désormais l’égalité de genre dans l’accès à la propriété ; une avancée remarquable concernant un sujet de société extrêmement tabou. Concrètement, grâce aux efforts menés en phase I,125 femmes ont déjà obtenu des titres de reconnaissance coutumière sur leurs terres. La phase II ira plus loin, en les accompagnant vers des activités génératrices de revenus respectueuses des forêts sur leurs terres, qu’elles contribuent désormais à protéger.
Au Cameroun, CAMGEW (Cameroon Gender and Environment Watch) poursuit un travail patient et minutieux d’autonomisation économique par l’apiculture et l’agroforesterie, porté par trois coopératives féminines. Un travail qui avance pas à pas : sur ce terrain, faire évoluer les rapports de genre demande du temps et beaucoup de tact pour éviter de créer des tensions au sein des communautés. La phase II ajoutera une dimension précieuse : la transmission intergénérationnelle des savoirs autochtones, aujourd’hui menacés de disparaître avec les générations qui les détiennent, en premier lieu les femmes doyennes des communautés.
En Colombie, Enda accompagne les femmes récupératrices de déchets à Bogotá, où plus de 70 000 personnes, en Colombie, vivent de ce métier encore trop souvent précaire et informel. Le Semillero de Mujeres EcoRecicreadoras, qui réunit quatre organisations accompagnées par Enda, a déjà porté ses premiers combats devant les autorités locales. Un travail qui prend un relief particulier dans un contexte politique national de plus en plus incertain pour les défenseur·euses de l’environnement, avec la récente accession au pouvoir d’un nouveau gouvernement d’extrême-droite peu enclin à travailler avec la société civile colombiennes.
Ce qui a émergé de la discussion
Au-delà des présentations, la réunion a surtout été l’occasion de faire circuler la parole entre partenaires. La CFLEDD a ainsi manifesté un vif intérêt pour l’expérience colombienne sur le recyclage plastique, dont elle souhaiterait s’inspirer pour son propre contexte. Aussi, dans l’optique de développer ses propres coopératives en RDC lors de la phase II, elle a exprimé le souhait d’un partage d’expérience de la part de CAMGEW qui a accompagné la création de 3 coopératives féminines au Cameroun lors de la phase I.
Une chose est sûre : ces échanges ne resteront pas de simples intentions. WECF France a d’ores et déjà annoncé l’organisation prochaine de temps d’échange thématiques dédiés, pour que ces envies de partage se traduisent en apprentissages concrets entre les trois pays.
Et maintenant ?
Chaque partenaire a été invité à formaliser par écrit ses besoins et envies d’échange. De ces réponses naîtront les prochains rendez-vous thématiques dans le cadre de la phase II, et pourront également être partagés au sein du réseau Solutions Genre et Climat. Cet espace précieux est en effet pensé comme le trait d’union entre l’action locale et le plaidoyer international, pour que les solutions inventées sur le terrain, au Cameroun, en RDC et en Colombie notamment, continuent d’irriguer les politiques climatiques bien au-delà de leurs frontières.
REGAIN II ne fait que commencer. Suivez les prochaines étapes du projet sur notre site et nos réseaux sociaux.