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Du BPA, où ça? Dans les tickets de caisse

Du BPA, où ça? Dans les tickets de caisse En faisant ses courses, on peut tomber sur des sources de bisphénol A, ce composé chimique ubiquitaire présent notamment dans les biberons en polycarbonate, les revêtements internes des boîtes de conserve, ou encore les CD... mais l'inoffensif petit ticket de caisse qu'on emporte avec soi n'était pour l'instant pas classé dans la liste des sources possibles de BPA. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, comme l'a révélé récemment le magazine américain Science News.

Le BPA, connu pour être un perturbateur endocrinien – il imite l’action de l’hormone féminine œstrogènes – est utilisé pour rendre l’encre visible sur le papier thermique de certains tickets de caisse. De nombreuses études ont montré des liens entre exposition au BPA et troubles de la reproduction, l’obésité, troubles du comportement, du développement neurologique notamment. Chez les filles, il serait lié à la puberté précoce et à l’augmentation du risque de cancer et de diabète.

De grandes quantités de BPA sur certains tickets de caisse

Koni Grob, chimiste suisse spécialiste de la question et co-auteur d’une étude parue le 11 juillet ayant analysé 13 tickets de caisse européens, explique que onze tickets contenaient entre 0,8 et 1,7% de BPA (en termes de masse de papier), qui se dégageait très facilement. Il explique que lorsque les doigts sont mouillés, 10 fois plus de BPA s’y dépose… mais que paradoxalement, des doigts secs vont permettre au BPA de pénétrer de manière “plus intime” à travers la peau. Prenant la situation d’une femme enceinte, caissière et amenée à manipuler des tickets contenant du BPA pendant des heures, qui aurait par exemple une crème pour les mains facilitant la pénétration du produit, l’exposition pourrait bien approcher les 50 milligrammes/kg poids corporel instaurés en DJA (dose journalière acceptable) en Europe et aux Etats-Unis. D’autant plus que, comme le précise le Pfr Frederick Vam Saal, auteur d’une étude sur le sujet pour l’EWG, une ONG environnementale de premier plan, plus le contact avec le papier thermique et donc le BPA augmente, plus les quantités de BPA transférées sur les doigts sont importantes”.

Etats-Unis: développement d’initiatives de substitution

Le 15 juillet, l’Agence américaine de protection de l’environnement a lancé un partenariat pour les alternatives au papier thermique, recherchant des entreprises, des fournisseurs et des groupes environnementaux pour ce faire. Mais pour le Pfr vom Saal, le consommateur n’a aucun moyen de différencier un ticket de caisse avec ou sans BPA. Certaines entreprises développement déjà des entreprises… tandis que le lobbying industriel en faveur de la production de BPA se poursuit.

En attendant des mesures plus générales – sachant que la substitution peut parfois consister à remplacer un produit dont les dangers pour la santé sont connus par un produit dont on ne connaît pas les dangers, mais pas inoffensif pour autant, il existe l’option “pas de ticket” adoptée par certains magasins…
L’ASEF (Association Santé Environnement France) précise sur son site qu’il y a un moyen de savoir si un ticket est susceptible de contenir du BPA: frictionner un ticket thermique avec une pièce le décolore ; ce qui n’est pas le cas pour un papier conventionnel.

Sources:
Daily Mail
Environmental Working Group
PubMed
Science News
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