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Perturbateurs endocriniens: quels effets pour les mélanges?

Perturbateurs endocriniens: quels effets pour les mélanges? Mieux connaître notre exposition aux produits chimiques et leurs conséquences sur la santé, c'est sortir de l'évaluation substance par substance qui est encore la règle aujourd'hui. Des équipes de recherche européennes se sont lancées dans le cadre du projet "EDC-MixRisk" dans l'évaluation des effets des mélanges de perturbateurs endocriniens sur les enfants. L'objectif est de mieux connaître pour être en mesure d' adopter les bonnes mesures de prévention pour garantir aux générations futures des produits chimiques plus sûrs. Ils ont livré leurs conclusions fin mars.

Le projet EDC-MixRisk

  • Le projet EDC-MixRisk a été lancé en 2015, pour une durée de 4 ans. Il a pour objet les effets des mélanges de perturbateurs endocriniens sur la santé des enfants, et vise à développer des méthodes d’évaluation de ces risques. Le but ultime est de permettre aux générations futures de disposer de “produits chimiques plus sûrs”.
  • 7 universités suédoises, 5 européennes (France, Allemagne, Grèce, Finlande, Italie), dont le CNRS, et une américaine ont participé au projet.
  • Pour ce faire, les équipes de recherche ont notamment utilisé des échantillons issues d’une cohorte suédoise (dénommée SELMA) de plus de 2300 femmes enceintes, pour déterminer des méthodes et stratégies d’évaluation des mélanges de substances.
  • D’autres équipes de recherche, en Italie et en France, ont travaillé sur les impacts des mélanges de perturbateurs endocriniens sur le développement cérébral.

Les résultats du projet de recherche: les effets des perturbateurs endocriniens sont sous-estimés

  • Les produits chimiques identifiés chez les femmes enceintes sont issus de différentes sources, et réglementés par différents textes de lois.
  • L’approche des mélanges, développée par les chercheurs, montre un risque plus élevé pour les enfants que celui estimé par les méthodes actuelles d’évaluation d’une seule substance à la fois.

Quelles sont les substances retrouvées chez les femmes enceintes?

Le Professeur Åke Bergman, coordinateur du projet, explique que “la nouvelle approche “mélanges” appliquée par EDC-MixRisk nous a permis d’évaluer le nombre de mères de la cohorte SELMA pour lesquelles il existe des risques pour la santé de l’enfant à naître, en matière de croissance, de métabolisme, et de développement neurologique et sexuel.”

EDC-RiskMix project, press release, 26 mars
  • 54 perturbateurs endocriniens potentiels ont été analysés dans le sang et l’urine des 2300 femmes enceintes de la cohorte suédoise SELMA. Il s’agit de 13 phtalates, 2 HAP, 4 bisphénols, du triclosan, de 8 substances perfluorées, 3 polybromés, 19 polychlorés. 75% de ces substances étaient présentes au-dessus des niveaux de détection.
  • Ces substances agissent principalement sur trois types de paramètres : le développement sexuel, le développement neurologique et le métabolisme et la croissance. Les résultats des tests menés avec un “mélange de référence” de substances perturbateurs endocriniens, indiquent des risques accrus pour les femmes enceintes d’avoir des enfants avec un faible poids à la naissance (23%), une distance ano-génitale réduite chez les petits garçons (13%), ou encore des retards de langage à 30 mois (0,2%).

Les recommandations des équipes de recherche

  • Une prise en compte des effets des mélanges et les expositions combinées dans toutes les réglementations chimiques et environnementales: les tests de substances individuelles ne reflètent pas la réalité des expositions, et surtout sous-estiment les risques;
  • Le développement de nouvelles méthodes de tests;
  • Renforcer la qualité de la biosurveillance, par des analyses de mélanges complexes, des données de toxicité de bonne qualité pour identifier les substances chimiques dangereuses, etc.