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Nanoparticules : alimentation, cosmétiques, textiles… point estival

Nanoparticules : alimentation, cosmétiques, textiles… point estival C'est l'été, le moment pour faire un petit point sur des actualités récentes en manière de nanoparticules et nanomatériaux, très présents dans nos produits du quotidien. Au menu : alimentation, cosmétiques et textiles.

Alimentation : pour l’EFSA le E 171 n’est plus sûr

  • Usages : le dioxyde de titane nanoparticulaire (E171) est utilisé dans des aliments (confiseries, bonbons, pâtisserie industrielle, etc.), des dentifrices, et également largement en cosmétique. Ce sont ses usages alimentaires qui inquiètent.
  • France : Pour rappel, l’usage du dioxyde de titane nanoparticulaire en tant qu’additif alimentaire (E171) est interdit depuis janvier 2020 en France, en raison du principe de précaution, et sur la base de travaux de l’Anses concluant à de potentiels risques cancérogènes de la substance, et s’inquiétant d’effets génotoxiques ou développementaux.
  • EFSA / Union européenne : L’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) a changé d’avis depuis 2016: dans son avis de mai 2021, elle juge que la génotoxicité du E171 ne peut être exclue en cas d’absorption orale. Elle refuse donc de recommander ou fixer une “dose journalière acceptable” (DJA) de E171.
  • Belgique : Le dioxyde de titane nanoparticulaire est classé cancérigène possible (2B) en Belgique.
  • Suisse : Suite aux conclusions de l’EFSA, les autorités sanitaires helvètes ont également annoncé interdire le E171 prochainement pour ses usages alimentaires.
  • Données scientifiques : Des équipes de recherche de l’INRAE, du CNRS et d’autres universités et instituts ont établi en octobre 2020 que les nanoparticules de dioxyde de titane du E171 traversent la barrière placentaire. Elles ont appelé à évaluer de manière urgente les risques liés à ces substances au vu de l’exposition avérée des femmes enceintes.

Cosmétiques : précisions de la DGCCRF et l’ANSM sur les nanomatériaux

La DGCCRF et l’ANSM ont publié récemment une note pour préciser l’application du règlement cosmétiques en matière d’ingrédients nanoparticulaires. Elles rappellent que :

  • Autorisé et étiqueté : Les colorants, conservateurs et filtres UV nanoparticulaires utilisés en cosmétique doivent être explicitement autorisés par le règlement. Sur l’étiquette, leur indication doit être suivie du terme [nano]. Lors d’enquêtes précédentes, la DGCCRF avait noté des violations de l’obligation d’étiquetage, ainsi que la présence de nanomatériaux non autorisés dans certains cosmétiques.
  • Définition : Toujours aussi floue ! Alors que la Commission européenne a récemment organisé une consultation sur le sujet, DGCCRF et ANSM tentent de préciser les contours d’un nanomatériau. Elles précisent l’absence de seuil (en pourcentage de particules inférieures à 100 nanomètres) associée à une tolérance de 10% (pour les présences accidentelles). C’est la taille nanométrique des structures qui est prise en compte pour déterminer s’il s’agit de “nanos” : même les structures nanoparticulaires agglomérées, agrégées ou greffées sont concernées, un risque de libération de ces particules ne pouvant être exclus. Tout ingrédient nanoparticulaire, intentionnellement sous cette forme ou non, est concerné – car le risque sanitaire ne fait pas cas du caractère intentionnel. Le caractère non bio-persistant doit être prouvé par le fabricant. Une précision est également apportée sur les nanomatériaux solubles ou insolubles.
  • Enfin, sur les méthodes d’analyse utilisées, la DGCCRF et l’ANSM demandent que les industriels utilisent des méthodes permettant de caractériser les nanoparticules utilisées. En effet, il n’existe pas toujours, loin de là, des méthodes au point pour ce faire … Globalement, l’information de tous les acteurs du secteur “nano” en cosmétique doit être fortement améliorée.
  • Pour plus de détails, et élargir la question, la Commission européenne vient de publier mi-juillet un rapport sur l’utilisation de nanomatériaux dans les cosmétiques et la révision du règlement.

Les rideaux “purificateurs d’air” avec nanoparticules ne sont plus en vente

L’enseigne IKEA avait commercialisé des rideaux présentés comme “purificateurs” d’air en cas d’exposition à la lumière, via une action similaire à la photosynthèse, leur composition avait de quoi interpeler. L’association Avicenn (VeilleNanos), soupçonnant la présence de nanoparticules, avait mené l’enquête et montré que 100% des particules entrant dans leur composition étaient bien … de taille nanométrique. Selon Avicenn, les rideaux en question ne sont aujourd’hui plus en vente.