WECF, association pionnière de l’ecoféminisme en France, s’élève contre l’insuffisance de prise en compte par octobre Rose des causes environnementales du cancer du sein.
Aujourd’hui en France, selon Santé Publique France, le cancer du sein est le cancer le plus fréquent en France et représente la première cause de décès par cancer chez la femme. 650 000 femmes sont atteintes ou ont souffert d’un cancer du sein. 54 000 nouveaux cas sont détectés chaque année et 12 000 femmes décèdent de ce cancer tous les ans.
La campagne Octobre rose, campagne annuelle de sensibilisation au cancer du sein, mobilise les associations et professionnels de santé pour sensibiliser le public, informer sur l’importance du dépistage et collecter des fonds pour la recherche.
WECF salue cet engagement.
Nous soulignons également que cette campagne a été initiée en 1985 par l’industrie chimique aux États-Unis, sous l’impulsion de l’American Cancer Society et de l’entreprise Imperial Chemical Industries.
Un paradoxe alors que l’industrie chimique produit les poisons responsables de l’émergence des cancers et des traitements pour le soigner.
WECF, qui a organisé en 2014 un colloque « cancer du sein et environnement » et a publié des tribunes pour alerter sur le lien entre pesticides et cancers, se dresse contre les perspectives dessinées par la France et l’Union européenne.
En effet, au moment même où des milliers de personnes courent, pédalent et donnent généreusement et justement pour la recherche contre le cancer, et alors que le lien entre pesticides et cancers est avéré et confirmé par la science, la France reste le deuxième pays européen le plus bienveillant en matière d’autorisations de pesticides.
Pire encore, la Commission européenne pousse l’Omnibus X avec des mesures scandaleuses. Une enquête de l’ONG Corporate Europe Observatory (CEO) , relayée par le média Brut, sur la genèse de l’Omnibus pesticides révèle que les demandes des multinationales Bayer et BASF, du lobby agrochimique CropLife Europe et du syndicat agricole européen Copa-Cogeca (dont la FNSEA est membre) se retrouvent, parfois mot pour mot, dans la proposition de la Commission, puis dans les amendements des rapporteurs.
La santé des populations semble bien éloignée des demandes des lobbyistes.
En avril déjà, le Parlement européen a adopté l’Omnibus VI qui vise à simplifier les charges pesant sur les industriels des cosmétiques. Ils disposeront d’un délai 4 fois plus long qu’actuellement pour retirer des marchés des produits contenant des substances CMR (cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques)
Aujourd’hui les déréglementations de l’omnibus X pourraient accorder des dérogations importantes à des pesticides pour soutenir l’économie européenne.
Mais de quelle économie s’agit-il? Une économie soucieuse de la préservation de la santé des humains et des écosystèmes ou une économie prédatrice, polluante et mortifère ?
WECF, très critique sur le double discours à la fois permissif pour les polluants mais en même temps soutenant la mobilisation contre le cancer du sein, affirme que l’épidémie de cancers et notamment les cancers du sein, ne doit en aucun cas être un prétexte pour commercialiser des produits inutiles quand bien même seraient ils roses.
Il est grand temps de penser les causes environnementales de la destruction de notre santé, d’intégrer les facteurs environnementaux et professionnels dans les politiques de contrôle des cancers, d’appliquer le principe de précaution sur les substances suspectes ou susceptibles de générer des cancers ( pesticides, produits chimiques industriels, ingrédients de médicaments, de teintures pour cheveux, hormones, solvants chlorés, etc. ) et les perturbateurs endocriniens qui font partie de ces produits.
Octobre rose n’a pas de sens s’il ignore ces priorités.
Contact presse : Véronique Moreira – Présidente de WECF France : 04 50 83 48 10