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Pollution au plomb à l’extérieur : à ne pas négliger!

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Pollution au plomb à l’extérieur : à ne pas négliger! Si le plomb est un toxique connu de longue date, et bien identifié, les risques liés à son exposition restent d'actualité: l'incendie de la cathédrale de Notre-Dame de Paris en avril 2019 a remis ce sujet sur la table. Dans un rapport rendu début février, l'Anses rappelle que les poussières et les aliments peuvent être contaminés par des résidus de plomb, présents dans l'environnement. Elle fait plusieurs recommandations pour réduire cette exposition.

Rappel sur les pollutions au plomb

  • Le plomb est un polluant “sans seuil”: toute exposition est considérée comme ayant un effet sur la santé : effets neurotoxiques en particulier chez les jeunes enfants, dont les systèmes nerveux et osseux sont en développement. Il a également des effets cardiovasculaires, rénaux, reprotoxiques, etc.
  • Le cas de l’incendie de Notre-Dame: en avril, lors de l’incendie de la cathédrale, les 210 tonnes de plomb de la toiture et les 250 tonnes de plomb de la flèche sont parties en fumée, provoquant une pollution très importantes. Les mesures menées sur le parvis et dans des crèches, écoles alentours ont montré des concentrations pouvant aller jusqu’à 1,3 milligrammes/m2 (parvis).
  • Des seuils réglementaires existent pour l’eau, l’air, les aliments, les poussières domestiques mais singulièrement aucun seuil n’est fixé pour les espaces extérieurs (trottoirs, voiries, aires de jeux, etc.).
  • Le saturnisme infantile est défini par une plombémie (concentration de plomb mesurée dans le sang total) de 100 microgrammes/L chez un moins de 18 ans. Le Haut Conseil de Santé Publique a décidé en 2015 d’abaisser ce seuil à 50 microgrammes/L.

Les travaux de l’Anses

L’Anses a été sollicitée pour appuyer l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France sur le travail du bruit de fond de la pollution au plomb à Paris, et également caractériser l’exposition au plomb issue de poussières dans les espaces extérieurs publics.

Quelles sont les sources de l’exposition au plomb ?

  • En extérieur, les sites industriels ou artisanaux : usines de recyclage, métallurgie, combustion de charbon, incinération de déchets etc. Lorsque l’atmosphère est contaminée, les poussières se déposent ensuite sur les sols, en zones urbaines ou agricoles. Les données sur les sources extérieures d’exposition sont rares.
  • Les sources intérieures liées à un usage ancien du plomb (peintures, canalisations, construction, etc.) dans l’habitat, ainsi que l’ingestion de denrées (eau et aliments) sont d’autres sources d’exposition.
  • L’alimentation est la source qui contribue le plus à l’exposition, suivie du sol extérieur (meuble) et des poussières extérieures.
  • Les enfants de moins de 7 ans, les femmes enceintes, certains travailleurs, les personnes habitant sur un site contaminé au plomb sont particulièrement à risque.

Les recommandations de l’Anses

L’Anses estime que les poussières des espaces publics extérieurs sont une source d’exposition, et qu’il faut cibler particulièrement les espaces fréquentés par les enfants.

L’Anses recommande des mesures pour réduire l’exposition au plomb :

  • Lavage fréquent des mains, particulièrement avant les repas, et après contact avec les sols,
  • Favoriser les ongles courts,
  • Nettoyage humide des logements pour enlever les poussières qui se seraient déposées,
  • Se déchausser lorsqu’on pénètre dans un logement,
  • Pour les travailleurs exposés, un suivi de la plombémie est nécessaire.

Télécharger l’avis complet de l’Anses