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L’avenir du glyphosate dans l’UE se joue très bientôt

L’avenir du glyphosate dans l’UE se joue très bientôt

Le glyphosate est la substance active la plus utilisée dans les herbicides au niveau mondial, y compris en Europe. Il fait l’objet de vives discussions au sein de l’UE, qui va se prononcer prochainement sur son homologation pour une nouvelle décennie. Certains Etats envisagent de s’opposer au renouvellement de son homologation, pour des raisons de santé publique et de protection de l’environnement.

2015: Le glyphosate est classé cancérogène probable pour l’être humain par le CIRC (OMS)

En mars 2015, le CIRC (OMS) classait le glyphosate “cancérogène probable pour l’être humain”. Lorsqu’un composé ou un agent est classé dans cette catégorie par l’agence internationale de référence en matière de facteurs de cancérogénicité, il est courant que des mesures soient prises pour en limiter l’usage et mieux le réglementer.
S’agissant du glyphosate, les enjeux économiques sont de taille, puisque les recettes générées sont immenses: le glyphosate est utilisé dans 750 formulations, commercialisées par plus de 90 fabricants. Les agriculteurs français l’utilisent par exemple pour le blé, le colza ou le maïs.

2017: pour l’ECHA et pour l’EFSA, le glyphosate n’est pas cancérogène

En mars 2017, l’ECHA (Agence européenne des produits chimiques) estime a contrario que les “données scientifiques disponibles ne remplissent pas les critères pour classer le glyphosate cancérogène, mutagène ou reprotoxique (CMR)”. La substance reste donc classée comme causant de graves atteintes oculaires et toxique pour les organismes aquatiques sur le long terme.
En août 2017, c’est l’EFSA (Agence européenne de sécurité des aliments) qui se prononce, sur le fait de savoir si la substance a des effets de perturbation endocrinienne. Elle estime que le glyphosate n’ a pas de propriétés de perturbateur endocrinien, au regard des données écotoxicologiques disponibles.

Des données scientifiques manipulées et dissimulées ?

Plusieurs sources estiment que des données ont été manipulées ou dissimulées.

  • un rapport de l’ONG PAN-Europe (Pesticides Action Network) estime que les agences ECHA, EFSA et BfR (Allemangne) ont volontairement manipulé les données pour aboutir à un classement du glyphosate comme non cancérogène.
  • un scientifique américain, estime, dans une lettre au président de la Commission européenne, que ” Autant l’EFSA [Autorité européenne de sécurité des aliments] que l’ECHA [Agence européenne des produits chimiques] ont échoué à identifier tous les cas statistiquement significatifs d’augmentation d’incidence de cancers, dans les études menées sur les rongeurs » (source: Le Monde).

Mobilisation citoyenne

Une pétition coordonnée par plusieurs ONG au niveau européen a réuni 1,4 million de signatures, demandant la suspension de l’autorisation du glyphosate dans l’attente d’une évaluation complémentaire.

Un sujet qui divise les Etats membres, et que la Commission voudrait débloquer

Alors que la Commission européenne aurait voulu faire valider l’autorisation du glyphosate pour une nouvelle période de 10 ans, les Etats membres sont divisés. Des commentaires étaient attendus pour le 1er septembre, mais ils sont peu nombreux.

  • La France a annoncé, par la voix du ministre de la transition écologique et solidaire Nicolas Hulot qu’elle s’opposerait au renouvellement du glyphosate; Mais la position du ministre de l’agriculture Stéphane Travert est différente, puisqu’il estime qu’il faut plus de temps pour trouver une alternative adéquate.
  • Le Royaume-Uni et l’Allemagne soutiennent la ré-autorisation du glyphosate, comme l’a indiqué la chancelière Angela Merkel lors d’une réunion avec des agriculteurs allemands en juillet. Mais il n’existe pas de position officielle de l’Allemagne à ce stade.
  • De nombreux autres Etats sont encore dans l’incertitude quant à leur position, ce qui laisse augurer des débats intenses. Le prochain comité pesticides se tiendra les 5 et 6 octobre. En cas d’absence d’accord, le vote serait reporté au 6 novembre, ultime date pour trouver un accord, l’autorisation du glyphosate arrivant à expiration fin 2017.

Sources: