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LED: l’Anses fait la lumière sur leurs risques pour la santé

LED: l’Anses fait la lumière sur leurs risques pour la santé Depuis leur découverte en 1992, les LED se sont généralisées. Elles nous ont été imposées en remplacement des lampes à incandescence ou halogènes classiques, qu'il s'agisse d'éclairage public, de phares des véhicules, des éclairages domestiques, du rétro-éclairage des écrans (smartphones, ordinateurs, tablettes, téléviseurs, etc.). Ceci au nom de leurs meilleures performances énergétiques ... Mais l'Anses met aujourd'hui en garde, comme elle l'avait déjà fait en 2010, sur les effets de ce type de lumière sur la santé. Car la lumière bleue endommage la rétine et favorise les troubles du sommeil.

Lumière bleue: de quoi s’agit-il, et quelle est la réglementation ?

Le soleil émet naturellement de la lumière bleue. En matière de types d’éclairages artificiels, les LED ont plusieurs spécificités, que rappelle l’Anses.

  • Le spectre de lumière émis par les LED est une lumière plus riche en courtes longueurs d’ondes. Elle est plus “riche en bleu” mais aussi plus pauvre en lumière rouge que d’autres sources lumineuses naturelles ou artificielles. La toxicité de la lumière bleue avait déjà été mise en évidence en 2010, lors d’une première expertise de l’Anses.
  • Les LED sont aussi un type d’éclairage plus intense que d’autres sources lumineuses.
  • Les lampes à LED sont très sensibles aux fluctuations de leur courant d’alimentation, et l’intensité de la lumière qu’elles émettent peut varier plus ou moins rapidement, selon la qualité de l’électronique associée.
  • En matière de normes, il existe actuellement une classification des lampes en groupes de risque : groupe de risque 0 : « sans risque », groupe de risque 1 : « risque faible », groupe de risque 2 : « risque modéré » et groupe de risque 3 : « risque élevé ». Actuellement, seules les lampes des groupes 0 ou 1 sont autorisées pour l’éclairage domestique, et accessibles au grand public.
Illustration “De la lumière bleue à la lumière blanche”, Dossier de presse, Expertise “Effets su la santé humaine et sur l’environnement des systèmes utilisant des LED”, Anses, 14 mai 2019

LED: quels effets sur la santé?

Des populations particulièrement à risque

Divers effets sur la santé sont confirmés ou mis en évidence, tandis que l’Anses pointe du doigt la vulnérabilité particulière de certaines populations: nourrissons, enfants et adolescents notamment, dont le cristallin est plus clair. Le cristallin qui protège la rétine, est en cours de développement jusqu’à l’âge de 20 ans. En outre, les femmes enceintes, les personnes sans cristallin ou ayant un cristallin artificiel, les personnes âges, certaines professions très exposées aux LED, ou les personnes souffrant de pathologies oculaires ou de troubles du sommeil sont plus à risque.

La lumière bleue a des effets toxiques pour la rétine

  • Une exposition aiguë à une lumière riche en bleu peut avoir des effets à court terme, tandis qu’une exposition chronique pendant plusieurs années peut avoir des effets à long terme, et augmenter les risques de survenue de DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge). La DMLA touche la région centrale de la rétine, appelée “macula”.
  • Certains dispositifs tels que les phares de certains véhicules, écrans de téléphones et tablettes électroniques émettent une lumière particulièrement riche en bleue.
  • En outre, les LED sont sensibles à la qualité de l’électronique associée: une mauvaise électronique peut favoriser des variations de l’intensité de la lumière à cause de fluctuations du courant d’alimentation. Des papillotements ou autres effets ont été démontrés.

Exposition à la lumière bleue en soirée = horloge biologique et sommeil perturbés

Une exposition, même limitée, à de la lumière bleue en soirée retarde ou inhibe la sécrétion de mélatonine, l’hormone du sommeil. L’horloge interne de l’organisme a en effet besoin d’obscurité totale pendant la nuit, pour régir notre rythme se sommeil. La régulation de la production de mélatonine est donc essentielle.

Les dispositifs en cause sont notamment: les écrans de téléviseurs, d’ordinateurs, de téléphones mobiles ou encore de tablettes, qui sont riches en bleu.

En particulier il faut diminuer l’usage des dispositifs à LED riches en lumière bleue – écrans de smartphones, tablettes, téléviseurs, etc. – pour les enfants.

Quels moyens de protection ?

Se protéger au niveau individuel

  • Limiter l’exposition à la lumière riche en bleu – LED des téléphones mobiles, tablettes, ordinateurs, écrans… – avant le coucher et pendant la nuit : surtout pour les enfants;
  • Limiter son exposition aux éclairages riches en bleu, et privilégier un éclairage indirect, utilisant des diffuseurs ou des éclairages domestique de type “blanc chaud” (basse température de couleur);
  • Limiter l’exposition à la lumière directe d’objets à LED du groupe 2 ou 2 tels que lampes-torches, jouets, phares automobiles;
  • Il existe des lunettes de protection contre la lumière bleue, mais l’Anses estime qu’on ne peut les considérer comme un équipement de protection individuelle de la rétine. Sur les smartphones (derniers modèles), iphone, etc. les réglages permettent d’activer des filtres de lumière bleue, qui permettent d’atténuer les bleus, mais de même, il est difficile d’estimer l’efficacité de ces filtres.

Renforcer la réglementation

L’Anses recommande des actions des pouvoirs publics et secteurs concernés, notamment :

  • Limiter l’intensité des phares des véhicules automobiles;
  • Ne mettre à disposition du grand public que des objets à LED classés en groupes 0 et 1;
  • Réduire au minimum le niveau de modulation temporelle de la lumière émise par toutes les sources lumineuses;
  • Limiter la pollution lumineuse: enseignes lumineuses, affiches et publicités, parkings extérieurs, etc. tout en assurant la sécurité.

Sources:

Rapport d’expertise, Anses, mai 2019, https://www.anses.fr/fr/content/led-les-recommandations-de-l%E2%80%99anses-pour-limiter-l%E2%80%99exposition-%C3%A0-la-lumi%C3%A8re-bleue

Dossier de presse, Anses, 14 mai 2019, https://www.anses.fr/fr/system/files/PRES2019DPA01.pdf