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Climat, terres et agriculture: l’alerte du GIEC

Climat, terres et agriculture: l’alerte du GIEC Les rapports du GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernementaux sur l'évolution du Climat) se succèdent et se ressemblent. Leur point commun? Demander des changements radicaux à l'humanité dans son ensemble, pour limiter le changement climatique. Les experts passent en revue différents domaines, qui ont tous un rôle à jouer dans le changement climatique. Le 7 août, le GIEC a donc publié un rapport intitulé "Changement climatique et terres" - sous-titré "Rapport spécial sur le changement climatique, la désertification, la dégradation des sols, gestion durable des terres, sécurité alimentaire et flux des gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres". Quelles en sont les principales conclusions?

Le GIEC présente son rapport en 3 parties: Populations, terre et climat dans un monde qui se réchauffe (1), Options d’adaptation et d’atténuation (2), Rendre les options possibles (3), Action à court-terme (4). Le GIEC rappelle une évidence: la terre fournit à l’humanité les bases pour sa survie et son bien-être: nourriture, eau, services multiples des écosystèmes, et biodiversité.

Populations, terres et climat dans un monde qui se réchauffe

  • A l’heure actuelle, l’activité humaine affecte directement plus de 70% des terres.
  • 70% des ressources en eau douce sont utilisées pour l’agriculture.
  • 25 à 30% de la production globale de nourriture est perdue ou gaspillée.
  • 23% des gaz à effets de serre d’origine humaine sont issus du secteur de l’agriculture, de l’activité forestière et d’autres usages des terres: elles représentent ainsi 82% des émissions de protoxyde d’azote et 44% des émissions de méthane.
  • Entre 1961 et 2017, la production totale de céréales a augmenté de 240%, du fait de l’augmentation des terres consacrées à l’agriculture, et de rendements à la hausse. La production de coton a elle augmenté de 162% entre 1961 et 2013.
  • Le changement climatique affecte la sécurité alimentaire, à cause du réchauffement, des variations de précipitation, et de la fréquence accrue des événements extrêmes.
  • Le réchauffement global et l’urbanisation accentuent le réchauffement des villes et de leurs environ (les fameux “ilôts de chaleur”), affectant particulièrement les températures nocturnes, et intensifiant les pluies violentes sur les zones urbaines.
  • Un exemple de solution: la production alimentaire en milieu urbain ou péri-urbain peut être une solution pour gérer l’expansion des zones urbaines qui mordent sur les zones agricoles.

Options d’adaptation et d’atténuation

  • La gestion durable des terres est une manière de répondre à des enjeux écologiques et socio-économiques, tout en atténuant le changement climatique. L’agro-foresterie, la réduction de la déforestation, afin de conserver des puits de carbone peut jouer un rôle majeur. Le changement des pratiques contribuant à l’érosion de sols aurait un impact très fort.
  • Une autre série de solutions passe par le système alimentaire, allant de la production à la consommation: réduire les pertes post-moissons, réduire le gaspillage alimentaire, changer de régime alimentaire sont parmi les options ayant le plus d’impact.

Rendre les options possibles

  • Sans surprise, de nombreux outils et acteurs doivent être mobilisés pour opérer les changements nécessaires. L’aménagement du territoire, la définition de zonages selon les types d’usage autorisés pour les terres, les incitations, etc. devront être mobilisées.
  • Le GIEC insiste sur le besion de politiques systémiques, qui vont au-delà d’une seule thématique, et pourront englober la couverture des accidents climatiques par les assurances, la protection sociale, des réserves de fonds, un accès universel à un système d’alerte précoce, etc.
  • Le GIEC note que l’empowerment (anglicisme difficile à traduire en français) des femmes peut apporter des synergies et des co-bénéfices en matière de sécurité alimentaire pour les foyers et de gestion durable des sols.

Agir à court terme

Parmi les solutions devant être rapidement mises en oeuvre, le GIEC énumère:

  • le renforcement des capacités individuelles et institutionnelles telle que du capacity building, de l’éducation à la gestion durable des sols, etc.
  • l’accélération des transferts de technologie,
  • la mise en place de mécanismes de financement,
  • la mise en oeuvre de systèmes d’alerte précoces, permis grâce aux systèmes actuels de surveillance liés aux nouvelles technologies
  • une réduction rapide des émissions de gaz à effet de serre générées par tous les secteurs.

A noter: dans sa synthèse en anglais, le GIEC ne mentionne à aucun moment les termes “pesticide” ou “plant protection product”.

En savoir plus: télécharger le rapport, ses synthèses et ses graphiques