L’ONG WECF exprime sa profonde inquiétude face aux risques que font peser sur les femmes enceintes et les nouveaux nés les intenses canicules à répétition, dans un contexte d’augmentation de la mortalité périnatale et infantile. En effet, deux rapports récents, celui de la DREES (10 juillet 2026) et celui de Santé publique France (8 juillet 2026) montrent que l’état de la santé périnatale en France s’aggrave. En 2024, la mortalité périnatale est en hausse (11,2 ‰ naissances, soit 7 398 enfants nés sans vie ou décédés au cours de leur première semaine) tandis que la mortalité infantile (4,1 décès pour 1 000 naissances, 4,08 ‰) relègue la France à une honteuse 21e place sur 27 pays de l’Union européenne. Ces chiffres sont un électrochoc. S’ils ont le mérite d’éclairer la situation, Ils ignorent aussi les facteurs environnementaux pourtant largement établis par la littérature scientifique.
Face à cette crise majeure, la feuille de route de la mission Périnatalité en cours du gouvernement manque cruellement de hauteur. Se concentrant sur la réorganisation technique et gestionnaire des maternités, elle ignore également les causes structurelles de cette dégradation : la crise climatique, l’omniprésence des polluants environnementaux et le recul des politiques environnementales.
L’urgence climatique et le piège des canicules aggravent les risques pour les femmes enceintes et les nouveaux nés. La répétition et l’intensité des vagues de chaleur pèsent lourdement sur les femmes enceintes, particulièrement celles logées dans des passoires thermiques. Les données scientifiques prouvent que l’exposition des femmes enceintes aux chaleurs extrêmes multiplie les risques de stress thermique fœtal, de prééclampsie, de prématurité, de mortinatalité, de faible poids de naissance et de complications de fin de grossesse. Les nouveaux-nés sont aussi particulièrement vulnérables aux chaleurs extrêmes en raison de l’immaturité de leur thermorégulation. Le dérèglement climatique n’est plus une menace lointaine, c’est une réalité obstétricale.
WECF dénonce l’échec de nos politiques publiques à protéger la vie naissante, notamment là où se cumulent précarités sociales et environnementales. WECF rappelle que l’impact des facteurs environnementaux est le grand angle mort à éclairer. Les femmes enceintes doivent être considérées comme une population prioritaire dans les politiques d’adaptation climatique. La hausse de la mortalité périnatale ne peut être considérée comme une fatalité.
Il faut :
1. Adapter
Créer d’un plan spécifique pour la périnatalité avec le déblocage d’un fonds d’urgence pour l’isolation des passoires thermiques et le relogement des futures mères les plus vulnérables ainsi que l’adaptation thermique des services de néonatalogie et de maternité
2. Comprendre pour Agir
Intégrer de l’évaluation des expositions climatiques et chimiques dans le futur « registre des naissances » pour élucider les causes manquantes de ces mortalités en hausse
3. Evoluer
Intégrer et systématiser les facteurs environnementaux dans les stratégies nationales de santé périnatale et dans la formation des professionnel.les de santé.
« On ne peut pas accepter, en 2026, cette augmentation drastique du risque de mourir avant l’âge de 7 jours. La santé périnatale est le miroir d’une société. Protéger par tous les moyens les femmes et les futures générations est une urgence politique absolue ».
Contact : Docteure Sylvie Platel, responsable Pôle plaidoyer Santé-Environnement & Genre + 33 6 60 38 20 60 sylvie.platel@wecf.org
WECF (Women Engage for a Common future) est une ONG pionnière de l’écoféminisme de terrain dont le but est de « Construire avec les femmes un monde sain, durable et équitable ». Elle intervient dans les domaines de la santé-environnement, la biodiversité et l’alimentation, le climat et la transition énergétique.