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wc Climat et développement territorial

COP22 – Le Bilan de WECF

COP22 – Le Bilan de WECF Une décision historique sur le genre...mais les engagements concrets des Etats restent insuffisants

Une décision historique a été prise à Marrakech pendant la COP22: celle de poursuivre le programme de travail de Lima sur le genre en développant un Plan d’Action Genre qui sera adopté à la COP23 pour être mis en oeuvre dans les 3 années suivantes. En dehors de cela, la société civile s’accorde à dire que ce ne fut pas la COP de l’action tant espérée, car de nombreuses autres décisions attendues ont été repoussées pour la COP23. WECF vous livre ci-dessous ses réflexions sur la 22eme Conférence Climat.

Les négociations à Marrakech se sont prolongées pendant plus de 6 heures, et c’est tard dans la nuit que Mme Patricia Espinosa, Secrétaire exécutive de la Convention Climat en appelait à la communauté internationale “Nous ne pouvons pas arreter là notre combat pour le climat. La réalité est là et nous avons beaucoup à faire”.
La “Proclamation de Marrakech”, adoptée le 17 novembre par les 196 chefs d’Etat, appelant à “un engagement politique des plus fermes afin de lutter contre les changements climatiques (…), à renforcer et à soutenir les efforts pour éradiquer la pauvreté, assurer la sécurité alimentaire et prendre des mesures rigoureuses pour faire face aux défis des changements climatiques dans le domaine de l’agriculture (…) à rehausser d’urgence nos ambitions…” renforce l’Accord de Paris, qui est officiellement entré en force le 4 novembre 2016 et a déjà été ratifié par 112 Etats, mais ne constitue pas un engagement nouveau ni concret, un grand nombre de décisions ayant été repoussées à 2017.

On peut cependant noter les points positifs suivants:

  • La décision sur la poursuite du programme de travail sur le genre prévoit, outre de nouveaux ateliers de formation annuels pour les délégués et non-parties, un rapport technique du Secrétariat sur les barrières à la parité dans tous les organes de la CCNUCC, un rapport annuel des entités et mécanismes financiers (GCF et GEF) sur leur intégration du genre, et la prise en compte de cette question dans les organes relatifs au transfert de technologie. Du coté des Etats, le renforcement de leurs capacités doit se poursuivre pour une meilleure intégration du genre dans les politiques climat nationales, il est proposé d’établir un focal point genre au niveau national, et les Etats Parties sont priés de fournir au Secrétariat une soumission avant fin janvier 2017 pour l’élaboration du Plan d’Action Genre.
  • A noter enfin dans cette décision un élément important: la prise en compte des savoir-faire locaux et ancestraux et le renforcement de la participation à tous les niveaux d’action climat des femmes issues des communautés autochtones.

Cette décision est renforcée par l’engagement, entre autres, de la France et du Maroc sur la question du genre. En effet, pour la Ministre de l’Environnement et Présidente de la COP21, Ségolène Royal, ce sujet faisait partie de ses 3 priorités de 2016, et plusieurs initiatives importantes sont à saluer:

  • dans le cadre de l’Initiative Energies Renouvelables en Afrique (IERA), présentée à Marrakech, le fléchage de financements spécifiques pour la production décentralisée d’énergie à travers des projets conduits par des groupes de femmes;
  • dans le cadre de l’Initiative CREWS sur les systèmes d’alerte précoce, le financement des actions à parité; et
  • la volonté de voir 100% des contributions nationales pour le climat intégrer la dimension genre.

La Ministre de l’Environnement du Maroc et Champione de Haut Niveau pour le Climat, Mme Hakima El Haite, a quant à elle manifesté son engagement à travers son soutien apporté à plusieurs événements:

  • le Sommet des femmes leaders, durant lequel elle a annoncé la création d’un fonds global dédié au financement d’actions climat menées par des femmes; et
  • le lancement de l’Alliance Mondiale des Savoir-Faire Ancestraux pour le Climat, au cours duquel elle a rappelé que les femmes sont très souvent les gardiennes des ces savoir-faire. Cette alliance est lancée à l’initiative de WECF, de la Fondation MohammedVI pour la Recherche et la Sauvegarde de l’Arganier, et du Connecting Group International, avec le soutien d’roganisation de peuples autochotones, comme l’IPACC. et l’AFPAT, Association des Femmes Peules et Autochtones du Tchad.

Les deux Ministres ont également soutenu  le travail de plaidoyer et de sensibilisation de la Women and Gender Constituency en remettant aux lauréates le Prix Solutions Genre et Climat.

A noter aussi dans les points posiitfs de cette COP22: l’alliance des 47 pays les plus affectés par le changement climatique, ou Climate Vulnerable Forum (CVF), qui se sont engagés à transitionner vers 100% d’énergies renouvelables produites nationalement entre 2030 et 2050. “Nous nous demandons ce que les autres pays attendent pour faire de meme” a lancé Edgar Gutierrez, Ministre de l’environment de Costa Rica. “Tous les pays devraient lancer dès aujourd’hui la dé-carbonisation et la transition énergétique, sinon nous souffrions tous”. Avec cette annonce les pays pauvres montrent la voie aux pays riches.

Enfin l’annonce de l’Initiative de l’Afrique sur les Energies Renouvelables (IAER) peut représenter un espoir important si la société civile y est impliquée formellement. Le 6 novembre 2016, le gouvernement français et la Banque africaine de développement (BAD) ont ainsi signé, à Abidjan, un accord d’un montant de 7,8 millions de dollars pour sa mise en œuvre. D’après les priorités de la Ministre Ségolène Royal mentionnées dans son rapport “Femmes et Climat”, la moitié des ressources dédiées aux productions décentralisées d’énergie doit être allouée à des projets portés par des groupes de femmes en circuit court.
C’est aussi ce que demandent les membres de la Women and Gender Constituency, qui ont participé aux réunions de l’IAER pendant la COP: qu’une partie significative des fonds soient dédiés à des projets d’énergies renouvelables décentralisées, adaptées aux besoins des communautés autochtones et des femmes. Elles proposent pour cela de constituer un Conseil consultatif indépendant pouvant intervenir dans l’IAER.

Outre la tenue du Pavillon Femmes et Genre en zone verte, qui présentait un parcours pédagogique des enjeux genre et climat avec une maquette 3D des solutions techniques intégrant le genre…

…WECF a organisé plusieurs événements parallèles pendant la COP: depuis l’introduction aux instruments économique genrés de l’action climat, comme les coopératives d’énergie paritaires ou la mise en ouevre d’un NAMA (Mesure d’Atténuation Adapté au plan national) jusqu’à la mise en valeur de “Solutions Genre et Climat” qui a permis de récompenser, lors d’une cérémoine de remise de Prix, 3 solutions climat exemplaires intégrant le genre.
Retrouvez ici la publication “Solutions Genre et Climat” de la WGC.

WECF a également signé un accord de coopération avec l’AMEE (Agence Marocaine de l’Efficacité Energétique) pour mettre en oeuvre des mesures de protection climatique sociallement responsables et justes, notamment à travers le développeemnt de formations tehcniques et de leadership dédiées aux femmes.